Pourquoi le titre de champion du monde de cricket a rendu folle l'Angleterre ?

L'Angleterre attendait ce sacre depuis 1975, année de création de la Coupe du monde. () Reuters

Plutôt que Novak Djokovic ou Lewis Hamilton, les journaux anglais saluaient tous, lundi matin, l'exploit de leur équipe de cricket sacrée championne du monde pour la première fois contre la Nouvelle-Zélande.

« Nous sommes au sommet du monde », « Wowzat ! », « Qui a dit qui le cricket était ennuyeux ? » Lundi matin, au lendemain d'un week-end de sport complètement fou, les Britanniques n'en avaient que pour ça. La victoire de l'Angleterre en finale la Coupe du monde de cricket, contre la Nouvelle-Zélande, a fait la une de la presse, du Sun au Guardian en passant par le Daily Telegraph. Pourquoi l'événement a-t-il autant d'ampleur outre-Manche, au point de reléguer le sixième sacre d'Hamilton à Silverstone et l'historique finale de Wimbledon au second plan ?

Parce que c'est une première pour l'Angleterre

Cela peut sembler une anomalie, pour le pays qui a inventé le cricket et l'a répandu à travers le monde, mais jamais l'Angleterre n'avait soulevé le Cricket World Cup Trophy. La sélection avait même une réputation d'éternelle perdante avec trois défaites en finale (1979, 1987 et 1992), bien loin des cinq titres du rival australien.

Parce que c'est un sacre à domicile

L'excitation autour de la victoire des hommes en bleu ciel était d'autant plus forte qu'ils évoluaient à domicile, pour la première fois depuis 20 ans. Pour cette 12e édition, les Anglais avaient vu les choses en grand : la finale se déroulait au Lord's, temple de la discipline pouvant accueillir 30 000 spectateurs. Dans le même temps, 10 000 fans s'étaient massés à Trafalgar Square, où la finale était diffusée sur écran géant, et 8,3 millions de téléspectateurs regardaient le match sur Channel 4. Leurs cris de joie ont dû arriver aux oreilles de la Reine, qui s'est fendue d'un communiqué pour féliciter son équipe pour cette « victoire sensationnelle ».

Parce que c'est le match le plus serré de l'histoire du cricket international

Dimanche, le match le plus long ne se jouait pas sur le Centre Court de Wimbledon, mais au Lord's, où Nouvelle-Zélande et Angleterre ont bataillé pendant plus de huit heures pour se départager. Une éternité dans la variante « One Day International », censée réduire le temps de jeu alors que les parties de cricket ordinaire peuvent durer 4 à 5 jours. Le match s'est en effet terminé sur une égalité parfaite après les 600 balles réglementaires, forçant les 22 joueurs à disputer un super over, sorte de prolongation, à l'issue de laquelle aucune des deux équipes n'a su prendre d'avantage décisif. L'Angleterre l'a finalement emporté au nombre de coups gagnants, dans un final « extatique », pour reprendre les mots des commentateurs.

Parce que la rédemption de Ben Stokes a ému tout le pays

Il est roux, couvert de tatouages, porté sur la boisson : on fait difficilement plus anglais que Ben Stokes, le meilleur joueur de la finale contre les Kiwis. Pourtant, le joueur polyvalent (pouvant évoluer à la fois comme batteur et lanceur) n'a pas toujours été prophète en son pays. Déjà, car Stokes est un habitué des frasques, déchu de son vice-capitanat de l'équipe nationale après une bagarre en sortie de boîte de nuit, en 2017. Surtout, car il traîne le boulet de la finale de la Coupe du monde T20 (une autre variante du cricket), qu'il avait terminé en pleurs après avoir causé la défaite des troupes anglaises. Son sauvetage exceptionnel, pour permettre à son équipe d'aller en prolongations, a effacé toutes ses erreurs passées et ses larmes de joie, après la dernière balle jouée, ont définitivement achevé sa rédemption.

Parce que l'équipe, multiculturelle, est à l'image de l'Angleterre

« Une grande bande de potes », voilà comment Jofra Archer a défini ses coéquipiers. Le joueur de Sussex County Cricket Club ne s'y est pas trompé : c'est grâce à sa solidarité apparente et à sa mixité que le groupe anglais a séduit ses compatriotes. Lorsqu'on lui a demandé s'il avait eu la chance avec lui dans cette finale, le capitaine Eoin Morgan, d'origine irlandaise, a répondu qu'il était « soutenu par Allah ». Une référence à la religion d'Adil Rashid et Moeen Ali, ses deux coéquipiers d'origine pakistanaise, symboles de la diversité de l'Angleterre. Pour respecter la croyance des deux hommes, la longue célébration d'après-match s'est même, dans un premier temps, faite sans champagne.

publié le 15 juillet 2019 à 17h06
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fulano le 15 juillet 2019 à 17h34

ce sport pro très populaire attirait des sportifs amateurs de haut niveau . C est comme le base ball ,ennuyeux

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