Eddie Jones et les six verres de rouge afin de composer la liste de l'Angleterre pour la Coupe du monde

Eddie Jones avant la victoire de l'Angleterre en Irlande (32-20) en février. (P. Lahalle/L'Équipe)

Lors d'un point presse jeudi à Londres, le sélectionneur de l'Angleterre, Eddie Jones, a décrypté quelques-uns de ses choix, parfois avec humour, indiquant avoir eu besoin de quelques verres de vin au moment de rappeler le pilier Joe Marler.

« Comment s'est décidé le retour de Joe Marler qui avait annoncé en septembre l'arrêt de sa carrière internationale ?
Je l'ai vu fin mai, après son match avec les Barbarians. La question était de savoir s'il voulait revenir en équipe d'Angleterre. Je ne sais plus si c'est lui ou moi qui ai lancé le sujet. Il a dit oui, je l'ai revu plusieurs fois, il est déterminé. Les jeunes gens changent toujours d'avis. À l'époque, il avait choisi d'arrêter par rapport à sa famille (sa femme attendait leur troisième enfant) ; maintenant il se sent prêt à revenir.

Il a dit qu'il ne voulait pas prendre la place d'un autre, qu'il était là en dépannage...
... Ce n'est pas la conversation que j'ai eue avec lui. Je ne sélectionne pas des troisièmes ou quatrièmes choix. Tous les piliers sont en concurrence.

L'avez-vous cru sur parole, quant à sa détermination ?
Non, j'ai eu besoin de six verres de vin rouge !

Est-ce que vous savez si sa famille fera le voyage au Japon ?
Je n'en sais rien ! Je suis sélectionneur, pas agent de voyage ! Les familles sont les bienvenues mais, comme pour les matches en Angleterre, elles ne peuvent pas loger au même hôtel que l'équipe.

« Certaines conversations (avec des joueurs) ont été plus lourdes que d'autres. Ce sont des moments émouvants, parfois assez tristes »

Dylan Hartley, toujours convalescent, n'est pas dans le groupe. Y a-t-il encore une chance de le revoir ?
Il fait tout son possible pour aller mieux. Toutes les semaines, quelqu'un du staff parle avec lui mais il est blessé, je n'ai pas de contrôle là-dessus. Si lui ou d'autres deviennent disponibles, on réfléchira. Dylan a été un très bon capitaine, je ne l'oublie pas mais il faut être en forme pour disputer la Coupe du monde et son genou ne guérit pas.

C'était difficile de vous séparer de vos vieux guerriers, comme Mike Brown ou Chris Robshaw ?
Je me suis entretenu individuellement avec chaque joueur, avant de faire ma sélection, et certaines conversations, oui, ont été plus lourdes que d'autres. Ce sont des moments émouvants, parfois assez tristes.

Vous avez appelé Danny Cipriani, à qui vous avez parfois reproché d'être un peu trop sûr de lui, va-t-il réussir à s'intégrer ?
Il fait partie des 38, il a donc la possibilité de nous montrer qu'il en est capable, comme les 37 autres d'ailleurs.

Quel est votre état d'esprit avant d'aborder cette préparation ?
Notre but, je le dis depuis le début, est de gagner la Coupe du monde. J'ai fixé un objectif personnel, que je ne dévoilerai pas, à chaque joueur. J'ai appris lors des Coupes du monde précédentes qu'il faut un équilibre entre les jeunes qui veulent foncer et s'entraîner très dur et des joueurs plus expérimentés qui apportent calme et concentration. Pour garder du dynamisme, on a instauré de la concurrence à certains postes tout en demandant aux joueurs de coopérer.

Avez-vous déjà choisi vos 31 joueurs ?
Disons que j'ai encore deux ou trois incertitudes. Je donnerai la liste définitive le 12 août. »

publié le 5 juillet 2019 à 08h30
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JUNZI. le 05 juillet 2019 à 08h45

"Je me suis entretenu individuellement avant de faire ma sélection". Il n'a rien compris, qu'il prenne contact avec Brunel...

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