Une FFF-Academy à New York

Un match entre deux universités américaines face à Manhattan, à New York. (Julien Faure/L'Équipe)

Le comité exécutif de la Fédération a validé le lancement d'une académie à New York. L'idée est de décliner le savoir-faire français en matière de formation, mais aussi de faire du business.

Comme de grands clubs européens (FC Barcelone, Juventus Turin, Bayern Munich, PSG...), la Fédération française de football va lancer une académie privée. Cette première pour la FFF, et même pour une fédération nationale, va voir le jour prochainement à New York. Son objectif est de valoriser le système de formation à la française en optimisant aussi à l'international le deuxième titre de champion du monde des Bleus obtenu l'an passé. Le flyer qui circule déjà dans « Big Apple » pour promouvoir cette FFF Academy utilise d'ailleurs largement l'image d'internationaux comme Kylian Mbappé, Antoine Griezmann et Paul Pogba sous le maillot bleu. La publicité rebondit également sur la cote des filles, comme Amandine Henry, la capitaine des Bleues, qui a joué aux États-Unis (à Portland, en 2016 et 2017).

La FFF veut vendre son savoir-faire tout en développant sa marque. C'est François Vasseur, le directeur marketing de la Fédération, qui pilote ce projet en collaboration avec Jean-Claude Lafargue, directeur de la préformation à l'INF Clairefontaine. Kenny Jean-Marie, le directeur de cabinet du président de la FFF Noël Le Graët, et chargé des relations internationales, a collaboré. Ces trois cadres fédéraux travaillent étroitement avec Jérôme Meary, acteur incontournable de la promotion du football tricolore aux États-Unis, et également porteur du projet.

À la tête de l'agence Elite Athletes, Meary place des jeunes joueurs français en Major League Soccer, en United Soccer League (D 2) et dans les universités américaines. Il est également à l'origine de « FFF USA ». Depuis 2010, ce programme a conduit près de sept cents joueurs étudiants de l'autre côté de l'Atlantique, qui ont bénéficié de plus de 15 millions de dollars (13,5 M€) de bourses universitaires.

La nouvelle idée commune est donc d'installer une académie labellisée FFF dans un pays en plein développement footballistique où la demande est immense autour des jeunes. New York s'est avéré comme le point de chute idéal. « Cette FFF Academy accueillera des enfants entre huit et quatorze ans, développe Meary. L'objectif est également de former des éducateurs locaux aux méthodes françaises. Il y a une énorme demande et notre philosophie est une des meilleures au monde. Jusqu'à présent, ce sont surtout les Anglais qui occupaient ce créneau. La France doit s'y installer en valorisant ses deux étoiles (de champions du monde). »

Bientôt à Los Angeles et Chicago ?

Les Américains paient pour jouer au foot dans un système qui n'a rien à voir avec le modèle français. C'est parfois plus de 3 000 euros par saison pour un adolescent. Il y a peu de stades publics et beaucoup de structures privées où le bénévolat n'existe quasiment pas dans l'encadrement. Six cents à sept cents jeunes sont déjà sur les premières listes d'attente de cette future FFF Academy, avec une vingtaine d'entraîneurs prêts pour les encadrer.

La partie opérationnelle sera gérée par Zohair Ghenania. Passé par la préformation au FC Lorient, ce professeur d'économie au lycée français de New York a participé au lancement de la PSG Academy à New York. Jean-Claude Lafargue devrait venir quatre à cinq fois par an pour appuyer la formation des éducateurs américains.

Trois sites ont été retenus, à Brooklyn (sur les installations de la franchise française Socceroof), dans le Bronx et dans le Queens. Des équipes de jeunes, sous l'étendard de la FFF Academy, seront inscrites dans les diverses ligues locales pour affronter notamment celles des New York Red Bulls ou du New York City FC dès la rentrée. « On pense déjà à aller plus loin avec la FFF dans d'autres grandes villes, poursuit Meary. Los Angeles et Chicago sont des sites en réflexion pour d'autres académies. Il y a également une composante sociétale. Le soccer est le sport numéro 1 pour les moins de quinze ans. La France est toujours en pointe dans la formation. Il y a un marché énorme avec les sponsors américains. La FFF doit poser son empreinte, d'autant plus que la Coupe du monde 2026 se déroulera en grande partie aux États-Unis (ainsi qu'au Canada et Au Mexique). »

publié le 18 juillet 2019 à 17h10
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didouthan le 18 juillet 2019 à 17h14

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