Saïd Chabane (Angers) et l'Algérie : « Toute mon enfance, mon histoire »

Saïd Chabane, le président angevin. (R. Perrocheau - L'Équipe)

Saïd Chabane, le président franco-algérien d'Angers, suit avec passion le parcours des Fennecs à la CAN. Cela lui rappelle l'effervescence de la Coupe du monde 1982.

Pour la première fois depuis vingt-neuf ans, l'Algérie va disputer la finale de la CAN, ce vendredi (21 heures), face au Sénégal. La Ligue 1 abrite de nombreux fans des Fennecs, parmi lesquels Saïd Chabane. Le président d'Angers, qui possède la double nationalité, revient sur sa relation avec le pays de son enfance.

« Qu'est-ce qui vous lie à l'Algérie ?
J'y ai vécu vingt-trois ans. Je suis né à Alger et j'ai fait mes études d'ingénieur en Algérie, à Polytechnique. C'est toute mon enfance, mon histoire. Toute ma famille est là-bas. Malheureusement, avec mes activités, je ne rentre pas souvent, mais j'y étais il y a moins d'un an. Je suis venu en France en 1988 pour poursuivre mes études, en troisième cycle, à l'école des MINES, à Paris. La vie a fait que ce fut un transfert définitif puisque j'ai rencontré ma future épouse en France. Désormais, j'ai la double nationalité.

Comment vivez-vous cette CAN et le parcours des Fennecs ?
Je suis très attentif à tout ce qui concerne l'équipe nationale. Ça me rappelle la Coupe du monde 1982, cette ferveur est revenue. Parce que 1982, à Alger, je pense que tout le monde s'en souvient (*). Le match Autriche-Allemagne avait été arrangé pour que l'Algérie ne passe pas le premier tour (si l'Allemagne gagnait par un but d'écart, elle se qualifiait en compagnie de l'Autriche, et il y a eu 1-0, au terme d'un non-match). Plus jeune, j'adorais Rabah Madjer et Lakhdar Belloumi. Aujourd'hui aussi, il y a beaucoup de talents. Malheureusement, je ne peux pas me les payer au SCO (sourire). En tout cas, ce que l'on retrouve, c'est l'ambiance. Elle a toujours accompagné notre sélection. Le peuple est un fervent supporter, il n'y a plus de régionalisme avec les Verts, tout le monde est derrière eux. En 1990, j'étais déjà en France. C'était la première victoire en CAN. Notre première étoile (sourire). Cette année, je suis les matches avec des Marocains et des Algériens. Pour la demi-finale face au Nigeria, j'étais aussi avec Farid (El Melali, un milieu de terrain du SCO). Et pour la finale, je serai sur mon lieu de vacances. Cette année, on sent un collectif, on sent la touche du sélectionneur Djamel Belmadi : rigueur, sérieux, discipline. Avec lui, les choses sont plus claires. Dès le début de la compétition, on a senti que l'Algérie pouvait aller jusqu'au bout.

Le dernier match entre la France et l'Algérie date de 2001. À quand le prochain ?
Écoutez, je me suis déplacé en Afrique du Sud (2010), au Brésil (2014), en Russie (2018), et j'aurais vraiment aimé voir un France-Algérie en Coupe du monde. L'envie de tous les Algériens, c'est de voir l'équipe de France débarquer en Algérie. Il faut que les autorités se mettent d'accord. Je sais que l'envie des deux présidents de Fédération (Noël Le Graët et Kheïreddine Zetchi) est très forte. Et je me mets à leur disposition si besoin.

« Monter une académie en Algérie »

Peut-il y avoir des liens entre Angers SCO et l'Algérie ?
Notre souhait est de monter une académie en Algérie. Cela permettrait de faciliter la préparation des joueurs avant leur arrivée vers la France ou l'Europe. Ce serait une première pour nous. Le dossier est sur le gril, le projet est dans les tuyaux. »

(*) L'Algérie avait battu l'Allemagne (2-1) et le Chili (3-2) mais s'était inclinée face à l'Autriche (0-2), terminant troisième de son groupe et étant éliminée.

publié le 17 juillet 2019 à 12h00 mis à jour le 17 juillet 2019 à 14h50
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boubidihocine le 17 juillet 2019 à 14h45

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