Esport - Counter-Strike : Avant Montpellier, faut-il s'inquiéter pour Astralis ?

Lukas « Gla1ve » Rossender, capitaine d'Astralis, perplexe. ( BLAST)

Les finales de l'ESL Pro League, l'un des tournois majeurs du calendrier professionnel sur Counter-Strike, démarrent ce mardi à Montpellier. Les regards seront tournés vers les ex-numéros 1 mondiaux d'Astralis, en difficulté depuis quelques semaines.

G2, Liquid, FaZe, Fnatic... Le plateau des finales de l'ESL Pro League sur Counter-Strike, qui débutent ce mardi (12 heures), est l'un des plus relevés depuis le dernier Major, à Katowice, en mars. Mais à quelques heures de l'entame du tournoi, tous les regards sont déjà tournés vers les Danois d'Astralis. Considérés par beaucoup comme la meilleure équipe de tous les temps, ils se sont faits discrets depuis leur succès en Pologne. Trois tournois seulement (dont deux BLAST, organisés par leur maison mère, ce qui a tendance à agacer une partie des fans), une finale perdue, une petite déconvenue aux ECS début juin et la perte de la première place mondiale qu'ils avaient réussi à conserver pendant une année entière. De quoi s'inquiéter ?

Une pause trop longue ?

« C'est un consensus général mais je pense que ça se voit : ils sont plus prenables aujourd'hui », assure en tout cas Nathan « NBK » Schmitt, capitaine de Vitality. Si la défaite en finale du BLAST de Madrid contre des Finlandais d'ENCE déchaînés est excusable, le double revers face aux surprenants Brésiliens de Furia lors des ECS l'est un peu moins. Les contre-performances successives sur Nuke, une carte sur laquelle Astralis n'avait pas perdu pendant plus d'un an, sont également des signaux négatifs.

Défaillances individuelles ? Collectives ? Des adversaires en progrès ? Manque de rythme ? Comment expliquer qu'une équipe si dominante pendant de longs mois laisse apparaître autant de faiblesses ? « Je pense - mais ce n'est que mon avis - que cette période sans tournoi leur a fait du mal, glisse NBK. C'était leur choix, peut-être la bonne décision pour eux, mais aujourd'hui, même avec leur aura, ce nom, et s'ils sont encore largement au niveau, il y a moins de respect, de crainte. Les équipes qui les affrontent le font de façon plus libérée. »

Les limites de la méthode RFRSH

Encensée par les joueurs, la « méthode RFRSH » (densification du staff, programme inspiré du sport...) a peut-être trouvé ici sa limite. En décembre dernier, Kasper Hvidt - directeur sportif des Danois - expliquait dans un long entretien qu'une de ses premières décisions avait été de diminuer le nombre de tournois auxquels participaient ses joueurs pour éviter de les épuiser. Le curseur a-t-il été placé trop bas ? « Counter-Strike demande un investissement journalier, sans connaître de pause, c'est un flot continu, explique Robin « Binet » Halimi, commentateur et analyste pour la chaîne 1PV. Ce sont les conditions pour rester au top. Il est possible que cette petite pause d'Astralis ait joué sur leur dynamique. »

À quelques heures de l'entrée en lice des Danois à Montpellier contre Cloud9 (13 h 10), difficile de situer l'équipe, toujours deuxième au classement mondial. « Clairement dans le Top 5, quand même », affirme NBK. Pour Binet, aucun doute : « Astralis peut et va revenir avec un niveau monstrueux sur les prochains tournois. Cette formation est favorite de la Pro League pour moi. Si leur niveau ne tutoie plus autant la perfection qu'avant, c'est surtout le travail des équipes auxquelles il manquait un petit quelque chose pour se défaire des Danois qui joue. »

« Je n'ai pas peur »

Ces dernières semaines et quelques défaites ne sont donc pas suffisantes pour juger de la situation actuelle d'Astralis ou tirer des conclusions définitives. Alors la Pro League à Montpellier sera un gros test. Qui permettra aux Danois de rassurer leurs supporters ou les forcera à admettre qu'ils rentrent progressivement dans le rang.

« C'est fascinant d'avoir des problèmes et de comprendre comment les résoudre. »

En décembre, l'entretien avec Kasper Hvidt s'était achevé par la question suivante : craignez-vous de voir venir le moment où Astralis s'arrêtera de gagner ? « C'est quand les problèmes arrivent que vous pouvez vous rendre compte que ce que vous avez mis en place fonctionne ou non, avait-il répondu. Quand vous rencontrez une période de succès, vous ne savez pas toujours pourquoi. Vous vous laissez porter par la vague. C'est mon travail de voir quand elle est sur le point de s'écraser. C'est pour cela que j'ai besoin d'être dans la tête de mes garçons en permanence, de savoir dans quel état ils sont physiquement, mentalement. Je n'ai pas peur. C'est fascinant d'avoir des problèmes et de comprendre comment les résoudre. »

publié le 18 juin 2019 à 08h00 mis à jour le 20 juin 2019 à 22h55
commentaires (1) commenter cet article
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bendo39 le 18 juin 2019 à 12h47

Autant la défaite contre Ence est effectivement excusable (avec un très haut niveau de jeu à la clé), autant la double défaite contre Furia... Il perdent en BO1 sur Nuke 14-16 après avoir mené 14-9, puis s'inclinent à nouveau en BO3, en perdant ENCORE sur Nuke. On devrait voir à partir d'aujourd'hui quelle est leur capacité de réaction, maintenant qu'ils ne sont plus leaders incontestés.

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