Tour de France : Ineos est-il moins fort que Sky ?

Les Ineos entourant Egan Bernal et Geraint Thomas. (F.Faugère/L'Équipe)

Geraint Thomas et Egan Bernal, les deux leaders d'Ineos, n'avaient plus qu'un seul équipier dans l'ascension de la Planche des Belles Filles, jeudi. De quoi s'interroger sur la force de l'équipe britannique comparée à celle de la Sky l'an passé.

La question est presque aussi provocante que de passer d'Ocean Rescue à Ineos (*). Geraint Thomas et Egan Bernal occupent les deux premières places du classement général des favoris et leur équipe n'a encore commis aucune faute. Pourtant, en passant au microscope l'étape de La Planche, jeudi, on peut distinguer comme une microfissure dans le granite britannique.

À l'attaque de la dernière pente, on n'a pas vu les Ineos lancer leur habituelle tondeuse à gazon, imprimer ce rythme destructeur qui tranche le moindre brin d'herbe dépassant du peloton. Ce sont les Movistar et les Bora-Hansgrohe qui ont assuré la poursuite sur les échappés et on n'a vite compté qu'un seul équipier, Michal Kwiatkowski, devant Thomas et Bernal. Van Baarle, Moscon, Castroviejo (qu'on avait si souvent vu faire les pieds de col, l'an passé) et Poels avaient disparu.

La même équipe, sauf...

L'équipe aligne la même composition que l'an dernier, à une exception près. Numériquement, Chris Froome a été remplacé par Dylan van Baarle. Mais dans la hiérarchie, c'est Bernal qui a pris sa place, et... personne n'a pris celle de Bernal au soutien des deux têtes de liste. Van Baarle est un rouleur capable d'imposer un tempo en début d'ascension, pas de tordre le cou aux grimpeurs dans les derniers kilomètres. Poels défaillant, seul Kwiatkowski répond à ces critères, et dans le Tour le plus montagneux de la décennie, le Polonais pourrait vite avoir le souffle court.

Lorsqu'il sera l'heure d'aborder les Alpes et une troisième semaine dévastatrice, il ne serait peut-être pas inutile que la course ait clairement dessiné une hiérarchie parmi les deux leaders d'Ineos. Et que le deuxième accepte de se ranger au service de l'autre...

(*) : L'an passé, les coureurs de Dave Brailsford affichaient sur leur maillot le nom d'une campagne lancée par leur sponsor principal, Sky, pour freiner la propagation de plastique dans les mers. Cette saison, Sky a passé la main à un groupe de l'industrie pétrolière, Ineos.

publié le 13 juillet 2019 à 09h29
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leveloestdevenuunlabo le 13 juillet 2019 à 09h38

Il faut attendre les Alpes pour juger. Poels se réserve pour la troisième semaine c est évident. Ne pas oubliez qu en 2020, il y aura surement Sivakov, Tao et Sosa ! Et peut être l équatorien ! Une razzia a venir.

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