Romain Bardet, 15e du général du Tour : « Je n'ai plus aucune pression, je ne suis plus à quinze secondes près »

Au vu de la première semaine, Bardet fait de Thomas son favori pour la victoire finale. (S. Mantey/L'Équipe)

Après une première moitié de Tour frustrante, Romain Bardet essaye de ne « pas (se) laisser griser par les conclusions quotidiennes » et reste convaincu que les « vrais rebondissements » auront lieu dans les Alpes.

« Comment qualifieriez-vous votre début de Tour de France ?
Je ne peux pas être content de ce début de course, mais c'est le Tour : ça va, ça vient... Il y a eu de la frustration, c'est certain, mais la route est encore longue. L'important est de rester calme et fidèle à ma ligne directrice. C'est à la fin qu'on tirera les vraies conclusions.

On vous sent un peu agacé par les critiques...
Oui, bien sûr, parce que c'est le même cinéma depuis que je fais du vélo. Quand on voit comment les choses sont montées en épingle... C'est mon septième Tour de France, je ne me laisse plus griser par les conclusions quotidiennes que chacun tire. Ce n'est jamais satisfaisant d'essuyer des revers, mais ça ne m'empêche pas de garder le cap. Je savais que cette première partie ne me convenait pas, mais une course de trois semaines, c'est vraiment à part. Il faut garder l'esprit libre, de l'audace et de la distance par rapport aux événements. Je ne me laisse pas paralyser par ce mécanisme qui vous monte un jour et vous détruit le lendemain. C'est à Paris, dans quinze jours, qu'on verra ce qu'il en est.

« Sur le Tour, une journée peut tout changer »

Votre défaillance, sur la Planche des Belles Filles, a-t-elle été difficile à digérer ?
Le sport de haut niveau est fait de hauts et de bas. On aimerait tous être au summum et à la perfection de ce qu'on peut faire, mais il y a des moments plus difficiles que d'autres : il faut savoir les accepter, passer au-dessus de ça. Le Tour ne fait pas dix jours, et une journée peut tout changer : qui aurait pensé qu'il y aurait de tels écarts hier (lundi) entre les favoris ? La chronologie des événements est parfois singulière. On peut accumuler les pépins en début de Tour et se rattraper ensuite, ou au contraire, avoir l'impression de faire la course parfaite jusqu'à ce que tout se casse la gueule en une fraction de seconde. Ce qui compte, c'est de garder l'envie et l'ambition de bien faire. J'espère simplement qu'on a mangé notre pain noir et que ça va finir par sourire.

Dans votre position (15e du général à 3'20'' du Maillot Jaune), quelle est votre approche de la course ?
Je vais essayer de tirer tous les bénéfices du fait de m'être pris une claque au général. Je n'ai plus aucune pression, je ne suis plus à quinze secondes près. Hier (lundi), j'étais relax. Je n'allais pas frotter dans les trente premiers du peloton toute la journée pour rien : j'ai des coéquipiers costauds, on a montré qu'on pouvait faire le saut s'il y a urgence. Cette remise en question m'a permis de prendre les choses avec plus de recul. Je veux savourer en arrivant sur mon terrain.

Votre préparation, perturbée par la maladie, pèse-t-elle sur ce début de Tour ?
Je n'ai jamais douté physiquement. Bien sûr, je suis arrivé avec un peu de retard au départ : on l'a bien gardé pour nous, mais après le Dauphiné, j'ai dû m'arrêter quelques jours et ce n'est jamais bon. Mais plus les jours passent, et mieux je me sens.

La course peut-elle se décanter dès les Pyrénées ?
Non, vous allez dire que je me répète, mais je pense que les Alpes sont plus propices à de vrais rebondissements. C'est là que la course de mouvement peut se déclencher, avec des cols d'entrée, qui pourraient opérer une grosse sélection.

Qui est votre favori ?
Geraint Thomas est en pole. Il a une équipe très forte. Et s'il avait quelques interrogations sur sa forme, il les a bien dissipées. »

publié le 16 juillet 2019 à 12h59
commentaires (106) commenter cet article
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arslup le 16 juillet 2019 à 13h16

Bien parlé. C’est à la fin du tour qu’il faut faire les critiques. S’il gagne une belle étape tout sera oublié et quand on voit le début de tour de Pinot et ce qu’il s’est passé hier, on se rend compte que tout ça est bien fragile.

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