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Finale de Jeep Élite : à l'Astroballe pour le match 5, « il y a un risque de déshydratation »

Il va faire très chaud à l'Astroballe mardi soir. (A.Martin/L'Équipe)

Sébastien Coste, médecin du sport à l'hôpital militaire Percy de Clamart, estime que l'intense chaleur attendue à l'Astroballe ce mardi pour le dernier match de la finale de Jeep Élite (20h30) ne devrait pas affecter les joueurs et le public. À condition de respecter quelques consignes.

« Compte tenu des conditions de jeu qui se seront proposées à l'Astroballe ce mardi soir, faut-il s'inquiéter d'éventuels troubles chez les joueurs pendant le match ?
La chaleur n'est pas un facteur déterminant. Le vrai risque dans ce genre de matches et dans une salle qui n'est pas climatisée, c'est la déshydratation. Mais il faut savoir que pour les joueurs, le fait d'être entraîné améliore la régulation, le contrôle de la température interne, qu'on appelle thermolyse.

Cet entraînement régulier est-il suffisant à appréhender des conditions si particulières ?
Les équipes s'adaptent souvent, et notamment lorsqu'elles voyagent dans des pays chauds. Elles se rendent sur place en avance généralement. Il y a souvent une période d'acclimatation, d'acclimatement. Elle est nécessaire. On ne se rend pas dans ce genre de conditions du jour au lendemain. Ce ne sera pas le cas pour ce match 5, ça peut poser problème.

«Il faut boire, boire et boire encore»

Monaco ne se sera pas entraîné à l'Astroballe avant ce match. Ce serait donc une erreur ?
Je n'irai pas jusque-là. On est quand même en France, il ne fera pas 50°C. Par contre il y a ce vrai risque de déshydratation. Les joueurs concernés doivent être sensibilités, le sont probablement.

Comment éviter cette déshydratation ?
Il faut comprendre le mécanisme de l'évacuation de la chaleur, qui tient sur quatre principes : la radiation, la convection, la conduction et l'évacuation de la sueur. Pour ce dernier principe, il faut donc transpirer. Les sportifs de haut niveau transpirent énormément. On peut parler de 6 à 7 litres pour un tennisman par exemple. Mais les joueurs boivent énormément. Il faut boire, boire et boire encore. En intérieur, c'est le manque de ventilation qui peut gêner. Mais ça reste moins problématique que de jouer un match de football sous le soleil à 35°C.

On ne parle donc pas de conditions extrêmes pour un match dans une salle « surchauffée » ?
Extrêmes non mais on peut dire que ce sont des conditions inhabituelles et propices à la déshydratation. Or c'est ce phénomène qui peut provoquer une baisse des performances physiques et psychiques.

«On peut considérer que plus il y aura de personnes dans la salle, plus ce sera difficile pour les joueurs»

Quels sont les symptômes d'une telle baisse de régime ?
C'est assez dur à évaluer en fait. On dit que quand on a soif, on a déjà perdu beaucoup. Il ne faut pas attendre d'avoir soif. Sur le plan physique, la déshydratation va se manifester par des crampes, avant le malaise éventuel. Sur le côté psychique, on constate une forme de ralentissement, une gestion plus difficile des tâches complexes et une atteinte sur la mémoire à court terme.

Existe-t-il une manière de se préparer, de prévenir la déshydratation ?
Les sportifs sont sensibilisés à tout ça et savent normalement compenser. Il existe en revanche une capacité d'ingestion limitée. On ne peut pas boire un litre d'un coup en faisant du sport. En buvant en fractionné, on ne compense pas totalement les pertes hydriques. Donc ça veut dire qu'il faut, avant l'effort, boire énormément. Il faut « pisser » et que les urines soient claires avant de commencer son match. C'est un signe de bonne hydratation. Il faut boire régulièrement pendant le match et boire tout ce qu'on peut après jusqu'à « pisser » clair.

Un mot sur le public qui subira aussi la forte chaleur ?
Ce sera plus pénible pour les très jeunes et les personnes âgées. Il peut y avoir des malaises. Il faut éviter l'alcool ! L'alcool ça déshydrate, surtout quand il fait chaud et dans ce genre de conditions. La bière qui déshydrate, c'est un mythe ! Par ailleurs, plus la salle sera remplie, plus l'air sera humide, ce qui n'est pas favorable au sportif. C'est ce qu'on appelle l'hygrométrie, à savoir le pourcentage d'eau dans l'air. Avec autant de gens qui respirent, le taux d'humidité va monter dans l'Astroballe. On peut extrapoler et considérer que plus il y aura de personnes dans la salle, plus ce sera difficile pour les joueurs. Ça n'a jamais été mesuré mais c'est une question qui pourrait se poser. »

publié le 25 juin 2019 à 14h05
commentaires (8) commenter cet article
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gone69150 le 25 juin 2019 à 15h41

Astroballe Année de Construction 1995.. Depuis ce temps il y a eu 6 finales joué dans cette salle et donc déjà sans climatisation... Tant de chichi pour pas grand chose !!

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