Réchauffement climatique : vers une pratique plus responsable de la haute montagne

Atelier « entretien des sentiers » sur l'Arc'teryx Alpine Academy 2019. (Anette Anderson / Arc'Teryx Alpine Academy)

Face aux changements climatiques, la haute montagne et ses pratiques sont en première ligne. Après une première partie de notre dossier consacré aux conséquences sur la haute montagne, focus sur les nouvelles pratiques plus responsables encouragées par l'Arc'Teryx Alpine Academy à Chamonix.

Il n'y a pas de petit geste. En attendant des actions à l'échelle mondiale, chaque action pour réduire au mieux son empreinte sur l'environnement est bonne à prendre pour un nouveau souffle sur les hauteurs. Avant même de parler de changements drastiques, quelques premières questions s'imposent... La neige est-elle réellement meilleure à l'autre bout du monde ? Avons-nous vraiment besoin de prendre la voiture pour aller chausser les skis ? Notre tenue ne pourrait-elle pas faire encore quelques saisons malgré son look désuet ? Et tant d'autres détails qui pourtant font la différence.

L'industrie s'y met

Les enjeux autour de l'avenir de l'alpinisme dépassent le cercle montagnard, c'est un symbole pour l'avenir de l'humanité. De nombreuses associations sont présentes aux quatre coins de la planète pour informer, sensibiliser, éduquer et agir face au réchauffement climatique, les marques prennent aussi un nouveau tournant.

« Pendant des années, nous commencions l'Academy par un nettoyage en montagne : on pouvait ramasser entre 800 kg et plus d'une tonne de déchets en une journée ! »

Enseigne emblématique de l'outdoor, Arc'Teryx s'investit dans une nouvelle approche de la durabilité, une démarche écoresponsable qui passe par une philosophie produit, une fabrication responsable et un engagement dans la communauté. Le choix des matières, le choix des designs dans une société de mode éphémère, les lieux de production, le bien-être animal, le cycle de vie du produit ou encore l'entretien et la réparation, de nombreux critères sont pris en compte pour réduire au maximum l'impact environnemental. « Notre philosophie produit est la base de notre approche de la durabilité, explique la marque. Pour nous, fabriquer des produits résistants est la façon la plus efficace de minimiser notre impact sur l'environnement. »

Enseigne emblématique de l'outdoor, Arc'Teryx s'est forgée sur les reliefs des montagnes du monde. (Drozdz/Arc'teryx Alpine Academy)

En plus d'une production écoresponsable, différentes actions sont mises en place par la marque, notamment sur l'Arc'Teryx Alpine Academy : « Il faut sensibiliser et éduquer les pratiquants, prévenir au mieux pour ne pas avoir à guérir, reprend Stéphane Tenailleau. Pendant des années, nous commencions l'Academy par un nettoyage en montagne, on pouvait ramasser entre 800 kg et plus d'une tonne de déchets en une journée ! »

Aujourd'hui, l'événement a aussi organisé deux autres ateliers, plus scientifiques que pratiques, avec un atelier autour de la faune et de la flore en collaboration avec le CREA (Centre de recherches sur les écosystèmes d'altitude) et l'atelier sur la glaciologie et le permafrost avec Ludovic Ravanel et Luc Moreau. Des ateliers concrets ont aussi vu le jour, pour sensibiliser en amont, comme un atelier autour du rééquipement des voies d'escalade de manière écoresponsable grâce aux nouvelles technologies plus respectueuses de l'environnement. Par exemple, des pitons beaucoup moins intrusifs ou un choix de ligne en harmonie avec la faune et la flore environnantes. Ou également un atelier de maintenance des sentiers. « Il y a environ 500 km de sentiers sur la vallée de Chamonix, explique Stéphane Tenailleau. Mettre le pied en dehors des chemins battus impacte l'environnement, il est donc important que les chemins de trail et de randonnée soient praticables pour éviter la déroute ». Des propositions de petits gestes à incorporer dans sa pratique, que tout le monde peut suivre à petite échelle.

Greg Hill. (Arc'Teryx)
Greg Hill : « Il faut déjà changer notre manière de penser. »
Skieur, alpiniste et guide, le Canadien Greg Hill est aussi et surtout accro aux défis. Lauréat de plusieurs records, notamment de celui du plus grand nombre de mètres de dénivelé positif accumulés en 30 jours en 2014 (soit 100 km de D +), sa vie est un challenge au quotidien. Père de deux enfants, son nouveau défi est de leur laisse la plus belle des planètes possibles. « Rien que d'y penser, c'est un premier pas, réfléchir aux différentes options, explique l'alpiniste. Je roule en voiture électrique et je ne mange plus de viande en semaine, c'est peut-être ridicule à l'échelle du drame du réchauffement climatique, mais c'est déjà ça. Si tu vis en France, pourquoi aller skier au Japon ? Tu peux avoir d'aussi belles aventures ici, autant de souvenirs... C'est sûr, on ne peut pas être parfait, mais il ne faut pas avoir peur. Il faut déjà changer notre manière de penser. »
publié le 12 juillet 2019 à 11h25
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Loloito le 12 juillet 2019 à 12h20

Green washing de façade... Arc'Teryx fait fabriquer ses produits synthétiques en Asie.

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