David Courteix (équipe de France): «Nous sommes plutôt sur une phase ascendante»

David Courteix au milieu de ses joueuses. (A. Reau/L'Equipe)

L'entraîneur de l'équipe de France de rugby à 7 estime que son équipe est dans une bonne dynamique avant de jouer sa qualification olympique ce week-end au tournoi de Kazan (13-14 juillet).

«Comment appréhendez-vous votre statut de favori du TQO de Kazan ?
Cela fait deux ou trois ans que l'on s'impose comme l'équipe la mieux classée au niveau européen. L'année dernière, lors de la Coupe du monde à San Francisco, on a été l'équipe européenne qui est passée le plus proche du titre. On assume cette étiquette qu'on nous colle dans le dos parce que c'est de bon ton de faire porter le statut de favori aux gens qui semblent avoir les meilleurs résultats. Après, on n'est pas dupe, le tournoi de Marcoussis a prouvé qu'on est comme les autres, qu'il faut que l'on marque plus de points que l'adversaire pour gagner. Ça ne nous pollue pas, ça ne nous perturbe pas. On se prépare normalement.

Quels enseignements tirez-vous du tournoi de Marcoussis remporté fin juin ?
Chaque fois que l'on joue un tournoi, on apprend quelque chose. On était content de la façon dont on a abordé celui de Marcoussis parce que c'est le genre de compétition avec un enjeu de taille qui génère une grosse pression. Mais on a appris que l'enjeu était finalement secondaire, on s'est centré sur ce que l'on avait à faire. C'est à la fin du tournoi qu'on regarde le résultat. Pendant, il faut se mettre dans les meilleures conditions pour l'emporter. À Marcoussis, du strict point de vue rugbystique, on n'a pas fait notre meilleur tournoi mais on a su rester pragmatique, prendre des points quand il y avait à en prendre. C'est bien d'être exigeant pour gagner.

« Nos adversaires principaux sont identifiés : l'Angleterre, l'Irlande, la Russie et l'Espagne »

À Kazan, votre poule semble abordable (Italie, Pologne, Moldavie)...
Nous avons un immense respect pour la Pologne, pour l'énorme travail effectué par le rugby italien, je suis admiratif de leur progression. On sait aussi que la Moldavie sera une grosse marche à franchir. Nous on se respecte, donc on respecte tous nos adversaires. A priori, on a une équipe qui est plus rompue au rythme des matches de haut niveau. Après, on ne manque pas de respect à l'adversaire, on prend les choses dans l'ordre. On ne va pas se cacher non plus, a priori la poule est très abordable.

On a su tirer les leçons du passé. Il y a quelques années, finir dans le dernier carré d'un tournoi européen était déjà un objectif en soi. On se rappelle de tout notre parcours. Les Galloises nous ont tenu la dragée haute pendant une mi-temps à Marcoussis. Nos adversaires principaux à Kazan sont clairement identifiés : l'Angleterre, l'Irlande, la Russie et l'Espagne. Malgré tout, le sport est ainsi fait que si tu ne prends pas les choses dans l'ordre, tu te fais chier. On ne part pas dans l'idée que cette poule est gagnée d'avance, on ne prépare pas les quarts ou les demies dès aujourd'hui.

Êtes-vous satisfait du niveau de jeu de l'équipe cette saison ?
On a alterné des bonnes choses et des moins bonnes. On a été performantes à certains moments. Mais cette saison, on a été moins constantes que la saison précédente. Le World Series, malheureusement, c'est l'école de la régularité, de la constance. On a eu des moments de fléchissements. Le haut niveau, finalement, c'est être autour de son niveau moyen tout le temps. On a été en dessous du niveau de flottaison sur des matches décisifs, sur des moments de matches décisifs. Le 7, c'est une histoire de scénario. Et le scénario nous a échappé sur certains matches.

Le sport est totalement hystérique, il y a un vainqueur et un perdant, les autres aussi ont envie de gagner. Pour faire mieux cette année, il aurait fallu être à notre niveau. Dans les moments clés, qui ont été rares, on ne l'a pas été, le scénario nous a échappé, on s'est pris les pieds dans le tapis. On a été un peu trop en dessous de ce que l'on savait faire. Ça nous a condamné à jouer la cinquième place. Après on a battu la Nouvelle-Zélande, notre jeu est de plus en plus maîtrisé, on a intégré de nouvelles joueuses depuis les Jeux de Rio, elles deviennent de plus en plus compétentes. On est plutôt sur une phase ascendante. Les résultats laissent penser que l'on stagne ou pire. Je crois que ce n'est pas le cas. »

publié le 12 juillet 2019 à 12h00